Neuve Box ? Nouvelle martingale ?

Sous couvert de « digitalisation des RH » (pourquoi ne faisons-nous plus attention aux mots employés… ?) on « revisite » (comme en cuisine ?) ou on « relooke » (à l’extrême, comme à la télévision) de vieux ustensiles. Alors, prêts à « sublimer » la « nine box » ?

Ce vieil outil reste séduisant car il peut être simple d’utilisation et éclaire d’emblée par la représentation graphique de ses résultats. On en attend beaucoup mais il déçoit parfois, ses limites étant souvent vite perçues puisqu’il ne peut restituer que ce qu’on y met. Or là est la difficulté : deux échelles similaires pour deux axes différents, alimentées par des notations (d’aucuns parleraient de « scoring ») aux origines plus ou moins maîtrisées…

Pourquoi toutefois cette remise au goût du jour ? La technologie apporte-t-elle aujourd’hui un plus ? Les démarches favorisant une réflexion et contribuant à une vision partagée sont assurément beaucoup mieux servies par les systèmes d’information actuels. Une application « nine box » doit avant tout faciliter un travail de mise en commun d’évaluations émanant de différents acteurs au sein d’une organisation. Cette facilitation passe par un accès immédiat à bon nombre d’informations sur les collaborateurs concernés, leurs parcours et leurs résultats professionnels, etc. Chaque évaluateur positionne chaque collaborateur sur la « nine box », l’outil consolide les évaluations, des plans d’actions prédéterminés peuvent ensuite y être associés.

Reste bien sûr la question des axes d’évaluation. Performance et Potentiel ? Pourquoi pas, mais quelle performance : individuelle ? collective ? sur quelle durée ? … ? Quel potentiel : pour faire quoi ? à quelle échéance ? Pourquoi pas un axe Compétences, avec une évaluation multi-sources : auto-évaluation, par le n+1, par la DRH, par le parcours professionnel, la passation de tests ? Pourquoi pas un axe Engagement ?

Plutôt qu’une espérance mathématique qui ne peut être en l’occurrence qu’illusion, plutôt qu’une figeante mise en cases, plutôt qu’une simple représentation graphique réductrice, le triple intérêt de la « nine box » servie par la technologie n’est-il pas au moins :
– la facilitation d’un travail collaboratif entre évaluateurs ?
– la consolidation des évaluations de compétences ?
– la possibilité de préparer, ajuster et suivre des plans d’action ?

François Rajaud,
Associé Crosstalent

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